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Highrise : une insatisfaisante reprise de l’histoire de Ballard ?

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L’univers SF a plus que jamais la côte ! Au rang des adaptations de cette catégorie qui ont vu le jour en 2016, il y a le fameux Highrise qui a plus fait lever des sourcils qu’autre chose. Inspiré du roman de JG Ballard, l’œuvre résonne comme un flop à l’heure où la sci-fi essaie tant bien que mal de se remettre des horreurs qu’elle a produites sur les années précédentes. S’il arrive tout de même à plaire à certaines âmes perdues, le film est loin de convaincre les fans de l’auteur qui voient là un coup de poignard dans le dos. Ni plus, ni moins.

Un film qui commence fort

Les premières minutes d’Highrise ont leurré les fans qui y voyaient le signe d’un film bien sous tous rapports. Loki se débarrasse de sa lourde perruque pour endosser le rôle d’un gars débraillé au possible, auquel la saleté semble être une seconde peau. Les scènes qui s’ensuivent jettent des airs de psychose sur une histoire qui promet d’en jeter. Le regard fou de l’ahuri qui s’égosille devant un cadavre, des gratte-ciels qui n’ont plus l’ombre de leur gloire passée…

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Tom Hiddleston est projeté dans un monde postapocalyptique où les chiens des rues deviennent une pitance de fortune. Ajoutez la voix off qui s’insinue insidieusement dans cet environnement, où la décadence côtoie un humour plus noir que nécessaire.

Quand les métaphores s’invitent au cinéma

highrise-movieLes métaphores ne sont pas le propre d’Highrise, loin de là. On remarquera tout de même que le film en use et en abuse sur toute sa longueur, laissant au spectateur plus d’une possibilité d’interpréter ce qu’il voit. Les situations dans Highrise relatent majoritairement les problèmes de la mentalité humaine qui mèneront à sa perte. Dans cette adaptation, Ben Wheatley nous rappelle comment l’être humain détourne son intelligence. La déviation de la réflexion est également mise en avant, comme jouant un rôle prépondérant dans cette déchéance de la race dominante.

Ici, l’aspect temporaire des choses est souligné, et tout est associé à un jeu qui se terminera toujours à un moment ou à un autre. Le film montre crument le visage d’une société où les valeurs fondamentales sont royalement ignorées, et où les impuretés du monde réel rejoignent celles de la nature humaine. La dégradation du bâtiment à mesure que l’histoire avance permet aussi de jauger la descente aux enfers vécue par cette société aussi fragile qu’orgueilleuse.

Une adaptation médiocre

film-highriseLes fans de l’œuvre original de JG Ballard n’ont pas laissé passer l’occasion pour voir si le cinéma pouvait rendre hommage à la beauté du récit. Loin d’être convaincue, la grande majorité compare même la réalisation d’Highrise à un doigt d’honneur. Les critiques sont du même avis, mettant l’accent sur le fait que Wheatley n’ait pas respecté les subtilités du texte. Il faut reconnaitre que l’adaptation ne fait au final que survoler la complexité du livre de Ballard, omettant des éléments qui ont pourtant aidé à construire l’histoire dans son ensemble. Un petit bide qui n’aura pas confirmé la popularité du réalisateur.

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